Tuesday, 17 September 2013

De matinées en Nocturnes


 On attribue souvent la nocturne à Chopin qui en écrira plus de vingt. L'origine de ces délicates pièces au grand romantisme vient plutôt du compositeur John Field, souvent oublié de nos jours. Cet Irlandais d'origine étudiera à Londres sous la tutelle de Muzio Clementi, un pédagogue célèbre pour l'époque qu'il suivra en Russie, et deviendra un artiste hautement respecté par ses contemporains. Field deviendra une inspiration pour bien des grands noms Chopin, Brahms, Schumann, Liszt.

Même de nos jours, je trouve que son influence se fait sentir dans la musique de "La Mariée Cadavérique", le film de Tim Burton.

Saturday, 12 November 2011

Rencontres fortuites



Quelle agréable surprise que de croiser ces « Femmes de bonne humeur » en déambulant à travers l'exposition de Diaghilev et les Ballets russes ! Pourtant l'écart semble grand (ne dit-on pas : un grand écart, en langage ballet ?) entre le compositeur napolitain Domenico Scarlatti  (1685-1757) et ces danseurs du début XXe siècle.

Fils d'Alessandro (1660-1725), également musicien et compositeur, Scarlatti a passé la majeure partie de sa vie à la cour d'Espagne. On lui attribue d'avoir apporté fantasie et rythmes gracieux aux sonates pour clavecin souvent austères et sérieuses. Puis au début du XVIIIe siècle, les sonates de Domenico Scarlatti ont voyagé jusqu'en Angleterre (grâce à son ami le compositeur Thomas Roseingrave, rencontré en Italie) et ont connu un vif succès.

Ah ! l'Italie ! Ces âmes latines et de belle humeur ! Carlo Goldoni avait écrit la comédie « Les femmes de bonne humeur ». Or en 1916, à Rome, le grand chorégraphe des ballets de Diaghilev a signé son premier ballet important, mettant en scène ces femmes joyeuses gesticulant sur la musique sautillante de l'ancêtre de Naples. La bonne humeur, quelle brillante invention humaine !

Thursday, 10 November 2011

Hildergarde de Bingen et les tourments de l'âme humaine



Des parties de soccer et des opéras du vingtième siècle remontons le temps jusqu'aux hymnes du douzième siècle et à l'une des compositeures les plus connues de cet âge, Hildergard von Bingen... Cette abbesse fut à l'époque reconnue ses dons de prophécies et sa poigne ferme qui lui a permis de défier les évêques locaux pour la préservation de sa communauté.

Aujourd'hui, elle est établie comme l'une des premières femmes compositeures médiévales, dont plus de 70 pièces ont survécues jusqu'à nos jours, un vrai miracle. Ces compositions symbolisent une période de transformation du chant moyenâgeux religieux dont la tonalité varie davantage avec aussi l'introduction d'instruments de musique d'accompagnement.

L'extrait présenté provient certainement de son oeuvre la plus connue, Ordo Virtutum, dont subsiste plusieurs copies incluant un court résumé qui apparaît à la fin de Scivas, le récit le plus connu des visions de l'abbesse. Il s'agit de la moralité (forme de théâtre) la plus ancienne, précédent par plus d'une siècle les pièces de ce genre. L'histoire raconte les tourments de l'âme humaine, Anima, tiraillée entre 16 vertus et le Diable qui prend aussi une voix mais seulement de grognements, ne pouvant atteindre les harmonies divines.

Friday, 12 August 2011

Du soccer à l'opéra : Shostakovich



Grand amateur de soccer, le compositeur russe Dmitri Shostakovich (1906-1975) a composé des oeuvres variées, depuis ses valses enlevantes jusqu'à une Symphonie de l'Âge d'or, en passant par l'opéra.


Voici « Le Nez » (des extraits seulement, avec en prime des images du musicien, quelques mois avant sa disparition). Cet opéra est basé sur une nouvelle de Gogol. Le sujet amuse toujours : un barbier ivre coupe, par mégarde, le nez d'un de ses clients !


Cette oeuvre drôlatique semble une satire de la bureaucratie; aurait-elle été écrite au nez (et à la barbe) de quelqu'un en particulier ? « Le Nez » de Shostakovich a également inspiré de très nombreux artistes du film d'animation. Autre extrait proposé (parmi tant d'autres !).

Tuesday, 9 August 2011

Roussel et son ballet d'hexapodes



Aujourd'hui, avec quelques jours de retard... Je me plonge dans l'imagerie des impressionistes, ces compositeurs qui à l'image de Monet ou de Renoir, ont peint avec des portées des paysages d'une telle lumière que nos yeux fermés ou ouverts, nous sommes transportés dans la scène.

À l'instar de taches de couleurs, les grands noms de la musique impressionniste, Debussy ou Ravel, Liszt et Satie divisent et dispersent leur musique en une successsions d'expressions et d'impressions. J'ai été bercée par cette musique dans mon enfance, prise entre la Mer et les Gymnopédies. Et inspirée des articles précédent de la Belle Hélène, tout aussi plein d'images et de lumière j'ai décidé de m'y replonger, mais avec une oeuvre nouvelle, une oeuvre pour moi.

C'est ainsi que je trouvai Roussel, et son Festin de l'araignée. Armée des fragments symphoniques plutôt que du ballet tout entier, je m'émerveillai de la précision de ces images, on percoit l'insecte distrait et maladroit s'approchant inconscient de la toile, jusqu'à l'inévitable capture, et mon coeur se débat en écho au sien quand il se voit trappé. J'avoue que je serais très curieuse de voir une telle oeuvre dans sa forme originelle de ballet. Déjà, j'imagine avec clarté comment les soubresaults de la ballerine gracieuse pourrait mimé les virevoltes de la pauvre éphèmère...

Pour ajouter à l'écoute voici la liste des fragments symphoniques
  1. Prélude
  2. Entrée des fourmis
  3. Danse du papillon
  4. Éclosion de l'éphémère
  5. Danse de l'éphémère
  6. Funérailles de l'éphémère
  7. La nuit tombe sur le jardin solitaire.
Une oeuvre bien délicieuse malgré le triste et violent sujet qu'elle dépeint.

Wednesday, 3 August 2011

L'énigmatique Sir Elgar




Qui ne connaît pas ses « circonstances pompeuses » (Pump and Circumstance Marches) ! Ses temps et contre-temps vous réaniment à coup sûr un coeur endolori de tristesse ou une âme en mal de vivre ou encore un corps miné par l'anxiété. Un véritable « Lève-toi et marche ! »
Or Sir Edward Elgar (1857-1934) nous a laissé de multiples compositions, dont « Cockaigne Overture ». Alerte. Époustouflante. Avec des replis doux et gracieux qui appelle la tendresse. Apparemment une évocation de Londres, où il a emménagé après son mariage en 1889.
Idéal pour le petit déjeuner, entre deux airs d'aller !

Sunday, 31 July 2011

Vagabondages de Franz Schubert




Entendue d’abord au piano de Clifford Curzon, sur un vieux vinyle offert par une Anglaise de ma rue (il y a des lunes !), cette « Fantaisie en do majeur OP. 15 », de Franz Schubert, reste ancrée à jamais dans nos mémoires auditives.
Par les premières mesures du Premier Mouvement, et par l’Allegro du 4e. Thème musical qui  (me) rappelle les images de landes anglaises. Tableaux de poésies fantaisistes. Schubert l’écrivant en 1822 a repris le titre de son chant « Der Wanderer » composé huit ans plus tôt.
Je redécouvre cette Fantaisie avec le pianiste Alfred Brendel. (Il faut écouter l’enregistrement avec persévérance car il nous est offert en trois parties.) Ces variations au piano s’amusent à reprendre le thème accrocheur des premières mesures. Inoubliables. Traversant les époques avec la même harmonie. Une énergie joyeuse, une liberté de mouvement… et le pouvoir de l’imagination de Schubert toujours aussi vivace !